Éclipse totale, annulaire, « anneau de feu » : quels types d'éclipses et laquelle en 2026 ?
Totale, annulaire, partielle, hybride : toutes les éclipses de Soleil ne se ressemblent pas. On vous explique ce qui les distingue, pourquoi l'« anneau de feu » n'est pas une totalité — et à quelle catégorie appartient l'éclipse du 12 août 2026, visible depuis la France et l'Espagne.
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Pourquoi existe-t-il plusieurs types d'éclipses solaires ?
Une éclipse de Soleil se produit lorsque la Lune passe exactement entre la Terre et le Soleil et projette son ombre sur notre planète. Mais toutes les éclipses ne donnent pas le même spectacle, et la raison tient à une subtilité d'orbite : la Lune ne tourne pas autour de la Terre sur un cercle parfait mais sur une ellipse. Sa distance varie donc entre environ 356 500 km (au périgée, au plus près) et 406 700 km (à l'apogée, au plus loin).
Résultat : la taille apparente de la Lune dans le ciel change légèrement d'une fois à l'autre. Quand la Lune est proche, son disque paraît un peu plus grand que celui du Soleil et peut le masquer entièrement — c'est une éclipse totale. Quand elle est loin, son disque paraît plus petit et laisse dépasser un anneau de lumière — c'est une éclipse annulaire. Selon la géométrie exacte de l'alignement et l'endroit d'où l'on observe, on distingue quatre grands cas de figure.
L'éclipse totale : le disque solaire entièrement masqué
C'est le phénomène le plus spectaculaire de toute l'astronomie observable à l'œil nu. La Lune recouvre intégralement le Soleil pendant quelques secondes à quelques minutes. Le jour se change brutalement en une nuit crépusculaire, la température chute, les étoiles et les planètes apparaissent, et surtout la couronne solaire — l'atmosphère extérieure du Soleil, d'ordinaire invisible — se déploie autour du disque noir de la Lune comme un halo nacré.
La totalité n'est visible que dans une bande étroite, large de quelques dizaines à une centaine de kilomètres, que l'on appelle la bande de totalité. C'est la seule et unique situation où l'on peut, pendant la phase totale exclusivement, retirer ses lunettes et regarder l'éclipse à l'œil nu. Avant et après cette phase, la protection reste obligatoire.
L'éclipse annulaire, ou le fameux « anneau de feu »
Lorsque la Lune se trouve trop loin de la Terre, son disque est trop petit pour couvrir complètement le Soleil. Au maximum de l'éclipse, il reste alors un anneau lumineux ininterrompu tout autour de la Lune : c'est l'« anneau de feu » (ring of fire), qui donne son nom populaire à l'éclipse annulaire. Le ciel s'assombrit légèrement, mais on n'atteint jamais l'obscurité ni la couronne d'une totalité.
Attention à un contresens fréquent : une éclipse annulaire n'est PAS une totalité et ne comporte aucune phase où l'observation à l'œil nu serait sans danger. Même réduit à un fin anneau, le Soleil reste éblouissant et dangereux pour la rétine. Des lunettes certifiées ISO 12312-2 sont indispensables du début à la fin. La prochaine éclipse annulaire visible partiellement depuis l'Europe aura lieu en janvier 2028 ; celle qui traversera une partie de l'Espagne se produira le 26 janvier 2028.
Éclipse partielle et éclipse hybride : les deux autres cas
L'éclipse partielle est la plus courante à l'échelle d'un observateur donné. Elle se produit lorsque l'on se trouve en dehors de la bande centrale : la Lune ne mord qu'une portion du disque solaire, qui prend la forme d'un croissant plus ou moins prononcé. C'est aussi ce que voient, en marge, tous les habitants situés de part et d'autre d'une bande de totalité ou d'annularité. On la mesure par un pourcentage d'obscuration : plus il est élevé, plus le Soleil est grignoté.
Enfin, l'éclipse hybride (ou mixte) est la plus rare. Le long de son tracé, elle bascule de l'annulaire au total selon la courbure de la Terre : à certains endroits la Lune est juste assez grande pour masquer le Soleil, à d'autres il subsiste un mince anneau. Ces éclipses ne représentent qu'un faible pourcentage de l'ensemble et sont recherchées par les astronomes pour leur singularité.
Et l'éclipse du 12 août 2026 ? Une totale, historique pour l'Europe
L'éclipse du 12 août 2026 est une éclipse totale de Soleil — la première visible depuis l'Europe continentale depuis le 11 août 1999. Son ombre balaiera l'hémisphère nord en fin d'après-midi : partant de l'Arctique, elle traversera le Groenland puis l'Islande, filera au-dessus de l'Atlantique et abordera le nord de l'Espagne avant de s'achever au-dessus de la Méditerranée, du côté des Baléares, au moment du coucher du Soleil.
La bande de totalité concerne surtout le nord de l'Espagne : Oviedo, Santander, Burgos, Valladolid, Saragosse ou encore Palma de Majorque vivront la totalité, avec jusqu'à 1 min 48 s de nuit en plein jour à Oviedo. C'est là qu'il faut se rendre pour voir la couronne solaire à l'œil nu — le point d'orgue de cette éclipse.
En France, l'éclipse sera partielle mais spectaculaire, car le pays se trouve juste au nord de la bande de totalité. L'obscuration frôle 99 % à l'extrême sud-ouest (côte basque, Gironde), atteint 97,8 % à Toulouse, 96,3 % à Marseille, 92,2 % à Paris et 91,5 % à Lyon. Le Soleil sera réduit à un fin croissant, très bas sur l'horizon ouest vers 20 h (heure locale) : un horizon parfaitement dégagé est donc essentiel. Ailleurs en Europe, en Afrique du Nord et jusqu'au Proche-Orient, l'éclipse sera partielle, d'autant moins marquée que l'on s'éloigne de la bande espagnole.
Que vous visiez la totalité en Espagne ou la partielle depuis la France, une seule règle prime : ne jamais regarder le Soleil sans lunettes certifiées ISO 12312-2, sauf pendant la phase de totalité absolue si vous êtes dans la bande. Les lésions de la rétine sont indolores et irréversibles.