Apophis2029Astéroïde 25 août 2026

Dans moins de trois ans, un astéroïde frôlera la Terre à l'œil nu

Le 13 avril 2029, l'astéroïde Apophis passera plus près de la Terre que certains de nos propres satellites. Un événement d'une rareté exceptionnelle, sans équivalent connu avant plusieurs siècles, et qui sera visible à l'œil nu par une bonne partie de l'humanité. Voici ce qu'il faut savoir, à moins de trois ans de l'échéance.

Un serpent nommé Apophis

Découvert en 2004, l'astéroïde a été baptisé du nom d'Apophis (Apopis en égyptien ancien), le serpent gigantesque incarnant le chaos dans la mythologie égyptienne, ennemi juré du dieu solaire Rê. Un choix de nom qui n'a rien d'anodin : dès sa découverte, les premiers calculs de trajectoire évoquaient un risque d'impact réel pour 2029, puis pour 2036, ce qui a valu à Apophis une réputation d'astéroïde le plus redouté du siècle.

Le risque d'impact, définitivement écarté

Ce risque n'existe plus. Des observations radar menées en 2021 ont permis de mesurer avec précision l'effet Yarkovsky, cette dérive infime de la trajectoire d'un astéroïde causée par la chaleur qu'il réémet dans l'espace (environ 199 mètres par an pour Apophis). Grâce à cette mesure, la NASA et l'ESA ont formellement confirmé, entre 2021 et 2022, qu'aucun impact n'est possible avant au moins un siècle. Le survol de 2029 est un événement d'observation, pas un scénario catastrophe.

Un survol hors norme

Le passage au plus près a lieu le 13 avril 2029 à 21 h 46 UTC (23 h 46 heure de Paris), à une distance minimale d'environ 31 600 km de la surface terrestre (38 011 km du centre de la Terre). Pour donner une échelle : c'est environ 4 150 km sous l'altitude des satellites géostationnaires (35 786 km), et dix fois plus près que la Lune. Avec ses 340 à 375 mètres de diamètre, à peu près la taille d'un grand paquebot, Apophis deviendra pendant quelques heures l'un des plus gros objets jamais observés passant aussi près de notre planète.

Visible à l'œil nu, sans aucun instrument

Pendant son passage, Apophis atteindra une magnitude d'environ 3,1, comparable à une étoile de luminosité moyenne, et se déplacera assez vite dans le ciel pour être repéré à l'œil nu comme un point mobile. La fenêtre d'observation balaie la Terre sur environ sept heures, de l'Australie et l'Asie jusqu'à l'Atlantique Nord, et pourrait être visible depuis certaines régions d'Europe, dont la France, la Lune étant nouvelle ce soir-là et n'apportant donc aucune gêne lumineuse. Les conditions précises de visibilité depuis chaque ville, heure locale, direction, hauteur sur l'horizon, seront affinées à l'approche de la date. Le site asteroide-apophis.fr propose déjà une présentation complète de l'astéroïde, sa découverte, sa trajectoire et les enjeux du survol de 2029.

Deux sondes à sa rencontre

L'événement mobilise aussi les agences spatiales. L'ESA lance sa mission Ramses (contrat signé en février 2026, lancement prévu en 2028) pour rejoindre Apophis avant le survol et mesurer, en direct, comment les forces de marée terrestres modifient sa forme et sa rotation ; deux nano-satellites seront largués dans le cadre d'une collaboration ESA-JAXA. Côté américain, la sonde OSIRIS-REx, qui avait déjà rapporté des échantillons de l'astéroïde Bennu, a été redirigée et rebaptisée OSIRIS-APEX : elle rejoindra Apophis juste après son passage, pour une campagne d'observation de dix-huit mois.

Pour suivre l'événement

Retrouvez ce rendez-vous aux côtés des autres temps forts célestes à venir dans notre calendrier.

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